Exposition Campana et la fascination de l’Antiquité

Exposition Campana et la fascination de l’Antiquité gréco-romaine

jusqu’au 31 mars 2019

Le musée Massey retourne aux sources de l’esthétique antique en présentant en
perspective des œuvres picturales issues du maniérisme, du classicisme et du néo
classicisme des XVIIe – XIXe siècles et des pièces céramiques grecques et étrusques
de la collection Campana.
Cette dernière, constituée entre 1830 et 1850 par ce noble italien, directeur du
Mont-de-Piété, a été vendue en partie à Napoléon III par les Etats pontificaux après
un procès retentissant pour malversation intenté à l’indélicat marquis. Plusieurs
ensembles d’objets de cette collection furent dispersés à travers les musées de
province, dont celui de Tarbes.
Cette exposition permet de remettre en lumière la permanence de l’influence de la
civilisation gréco-romaine dans l’inspiration artistique européenne aux XVIIe – XIXe
siècles. Elle fait écho, par ailleurs, à la rétrospective Campana actuellement
présentée au Louvre.

Ci-contre : Présentation exceptionnelle de l’œuvre
en marbre « Apollon » (collection Campana)



La redécouverte de l’Antiquité dans l’art et les lettres et la fascination qu’elle a
inspiré aux 18e-19e siècles se sont exprimées à travers le néo-classicisme puis le
romantisme.


Le néo-classicisme


Le néo-classicisme est un courant artistique du milieu du 18e s. qui succède en
réaction au rococo jugé superficiel, frivole et prétentieux et laisse la place au
romantisme dans le courant du 19e s.
Ce mouvement se caractérise par un retour à l’antique, en faveur après les
découvertes des sites de Pompéi (1760) et Herculanum (1750), en prônant un style plus
rigoureux dans une Europe en proie aux guerres et aux instabilités intérieures. Les
bas-reliefs et les fresques antiques déroulant en frises des récits mythologiques
deviennent sources d’inspiration et d’expression pour les artistes.
Né en Angleterre et en Allemagne du rejet du style français, c’est pourtant dans la
France prérévolutionnaire que le néoclassicisme s’épanouira. Les artistes puisent
leur inspiration dans l’art de la Renaissance, en particulier chez Raphaël, et dans
le classicisme dont Nicolas Poussin est l’un des principaux représentants.
Thème central, le nu permet de montrer la perfection des formes et d’exalter l’idéal
antique face aux exagérations parfois pompeuses du baroque et à la sensualité
excessive du rococo.
Les artistes reviennent à des considérations morales et vertueuses en débarrassant le
nu de sa dimension libertine. Il devient ainsi héroïque exaltant les vertus antiques
dont le courage.





Le serment des Horaces

Le serment des Horaces, qui met en avant des valeurs de patriotisme et de civisme,
consacre dès 1785 Jacques-Louis David comme le chef de file de la peinture
néoclassique française. En purifiant les formes et en simplifiant la composition, à
la manière d’un bas-relief, le peintre ne cherche surtout pas à délivrer un message
politique mais artistique. Qu’importe, de nombreux intellectuels français s’emparent
du sujet et le néo-classicisme si prompt à décrire les leçons de vertus de la Rome
républicaine. La Révolution française comme « drame antique moderne » poussera de
nombreux artistes à se concentrer sur des sujets d’histoire contemporaine.
Du Directoire au Consulat (1797-1803), le modèle romain cède la place aux influences
grecques. Les thèmes évoqués par les artistes se veulent réconciliateurs, puis devenu
quasiment art officiel sous l’Empire, le néoclassicisme perd peu à peu sa valeur
éducative. La monarchie restaurée soutient le néo-classicisme représenté par
d’anciens élèves de David (exilé pour son passé révolutionnaire) comme Girodet,
Gérard ou Gros. Mais, déjà déclinant, ce mouvement cède la place au romantisme.
L’archéologie doit beaucoup à ses mouvements et les fouilles se multiplient à travers
toute l’Europe. Des collections prestigieuses se constituent dont celle du marquis de
Campana, au milieu du 19e s., saisie après son arrestation à Rome et dispersée en
Russie et en France. Le musée de Tarbes dispose d’une partie de cette collection qui
est présentée aujourd’hui avec d’autres pièces archéologiques en regard de peintures
et sculptures des 17e-19e siècles afin d’éclairer ses visiteurs sur cette fascination
de l’antique.



intérêt pédagogique

Cette exposition présentant des objets en céramique antique des 7e-4e siècles av.n.è.
associés à des pièces nord-africaines et gallo-romaines permet une approche
intéressante de l'Antiquité européenne et méditerranéenne.
Par ailleurs, la présence de nombreuses peintures et sculptures maniéristes,
classiques, néoclassiques et romantiques sur des thèmes mythologiques constitue, en
regard, une passionnante introduction aux mythes et croyances de l'Antiquité.



Achille et Amazones ou Thésée et Amazones

Ancienne collection Campana
Bas-relief en terre cuite
Style néo-attique
Latium - Etrurie - Campanie
milieu 1er siècle av. n.è. - milieu 1er siècle ap. n.è.
(à l'origine ces plaques étaient polychromes et décoraient
les édifices civils ou religieux)
37 x 62 cm
Transfert de propriété du musée du Louvre
au musée Massey en 2008

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